Une vente aux enchères pour les victimes des attentats

Un an après «Charlie», le jeudi 7 janvier 2015, dans le 11ème arrondissement de Paris s'est tenue une vente aux enchères caritative animée par la jeune maison de ventes FauveParis, dont l'intégralité des bénéfices ont été reversés à la FENVAC, la fédération nationale des victimes des attentas et d'accidents collectifs, pour le soutien des blessés et des familles des victimes.

BLOG ARTISTE KONGO                                                                         

Kongo, L'atlas, Kouka, Banga, Tanc, Spark... au total 35 artistes contemporains, urbains, street-artist, graffeurs, photographes, reconnus ou émergents, ont répondu présents à l'appel en faisant don et réalisant une œuvre pour la cause.

Trois couleurs au-rendez-vous, trois couleurs pour dire l'émotion, la tristesse et appeler à la paix comme cet hymne à la tolérance de l'artiste Nebay qui, sur chaque tranche de l’œuvre, a délivré ses messages pour "que la paix règne dans le cœur des hommes, que la religion ne serve pas de prétexte à sa folie, afin que l'homme puisse s'accepter dans sa différence...". Du bleu-blanc-rouge pour le maître du graff Kongo qui a érigé, avec ses couleurs éclatantes et ses graffs inimitables, une dame de fer radieuse, fière, vivante et un cocktail tricolore pour la Marianne de l'artiste Stix et l'hommage de l'artiste Benjamin Spark au célèbre et so frenchie personnage de bande dessinée Superdupont.

De la poésie et de l'émotion avec l'artiste Joey Pang. Réputée pour ses tatouages dans lesquels elle y concentre la finesse de la calligraphie, l'imaginaire et la symbolique chinoise, Pang a cette fois-ci crée une œuvre organique, fragile et éphémère portant un titre que l'on susurrait presque « Every little breath ». Dans un petit bocal blanc comme l’albâtre, l'artiste a réuni 130 graines de gypsophiles paniculés, petites fleurs blanches qui symbolisent l'innocence des 130 victimes. A faire éclore !

PANG REDIM                                                                                            

Des découvertes aussi comme avec une œuvre de l'artiste parisien Tom Geleb. Dans la même veine que l'artiste émergent marocain Kamalour*, Tom Geleb gorgent ses œuvres d'un foisonnement de petites formes végétales et de traits rappelant les motifs traditionnels arabo-berbères qui se réunissent pour donner naissance à une création, en l’occurrence un corps portant entre ses mains un petit bateau portant sur ses voiles la devise de Paris «Fluctuat nec mergitur», soit «Il est battu par les flots, mais ne sombre pas», devise revenue à la mémoire collective des artistes et parisiens suite aux derniers attentats.

TOM GELEB REDIM                                                                                                

Belle générosité de la part de ces artistes et des organisateurs qui ont oeuvré entièrement bénévolement à cet évènement, s'il est clair que les ventes caritatives ne surfent pas sur le marché de l'art, on aimerait que les collectionneurs se mobilisent davantage, surtout quand c'est pour la bonne cause !

 

*l'artiste Kamalour a réalisé cet été une fresque à Rabat dans le cadre de la manifestation Jidar visant à faire entrer le street-art sur les murs de la capitale marocaine.  
 Image : Kongo "triste souvenir", PANG, "Every little breath", TOM GELEB, "A flot"