INTERVIEW GEORGES MOQUAY
Artiste

Aujourd’hui, l’art me donne envie de vivre, c’est ce qui me fait vibrer. L’Art, c’est la santé!

INTERVIEW TRIPPIN' MOROCCO

Ta pensée du moment : J’ai vraiment la chance de vivre cette expérience au Maroc : la terre de mon fils!

L'art, une hérédité familiale : J’ai toujours été entouré d’artistes : ma mère, mon beau-père, mon oncle, ma grand-mère, mes frères et j’en passe… Au début, je ne pensais pas devenir artiste. Je suis parti de chez moi à 17 ans… Couper le cordon pour mieux me connaître… Je me suis mis à peindre pour canaliser mon énergie, mes premières toiles étaient vraiment explosives ! Aujourd’hui, l’art me donne envie de vivre, c’est ce qui me fait vibrer. L’Art, c’est la santé! Au-delà de la peinture, je fais aussi de la vidéo, de la photographie, de la musique… J’aime le cinéma aussi, j’ai eu la chance de jouer dans « C’est beau une ville la nuit », un film de Richard Bohringer, et j’ai adoré l’expérience. Ce qui compte pour moi c’est de m’exprimer et faire passer mes émotions !

Un rencontre artistique forte : Ma rencontre avec Guy Pieters, l’un des galeristes incontournables de la place. Je l’ai rencontré aux milieux des années 90 alors que je travaillais à la FIAC. Mon travail lui a plu et il m’a poussé à continuer de travailler. J’ai roulé ma bosse et exposé en France, aux Etats-Unis, en Australie… Guy Pieters a continué de suivre mon travail et en 2006, il m’a proposé d’exposer dans sa galerie à Knokke-le-Zoute en Belgique. L’exposition a été un véritable succès, je peux dire sans me vanter que les collectionneurs se sont arrachés mes toiles. On a donc décidé d’enchaîner sur une nouvelle exposition, cette fois dans sa galerie à Saint-Paul-de -Vence. L’expo a été tout autant couronnée de succès.

Tes sources d’inspiration (de but en blanc) : Picasso ! Vous savez pourquoi ? Il sourit. A la fin de sa vie, Picasso peignait comme un enfant, moi, j’ai commencé comme ça, c’est en quelque sorte une continuité… Sinon, il y a eu ma rencontre avec Keith Haring à la fin des années 80 alors que je faisais de la photographie. Et, je pense aussi à Niki de Saint Phalle, Christo, Andy Warhol, Basquiat, Pollock, Ma mère Rotraut… Tout un petit monde dans lequel j’ai baigné depuis mon enfance.

Ta technique de prédilection : Je ne vais pas révéler ma recette magique (rires). Franchement, je pense que le secret, c’est de se laisser aller, sans a priori, ni arrière pensée. J’aime me jeter dans mon œuvre comme on se jette à l’eau. Je me noie, je me perds pour mieux me retrouver in fine.

Une musique à partager quand tu peins : Grandmaster Flash et sa figure de proue : Melle Mel. Et aussi, Lilly wood and the pricks, Booba, Wiz Khalifa, Tyga, Electric Guest, Angus and julia stone et j’en passe…

L’œuvre à prendre sur une île déserte : Une toile blanche pour pouvoir créer avec tout ce que je trouverais autour de moi.

Parle-moi de ton « Trippin’ Morocco » : C’est le titre de l’exposition à la Galerie 38 parce qu’il s’agit vraiment de ça. Avec ma femme, Ibtissam, nous avons pris la route depuis Paris pour venir à Casablanca. C’est la route qu’elle faisait quand elle était jeune, ça lui a rappelé de merveilleux souvenirs et pendant tout le chemin j’ai pu ressentir sa joie. Quel Voyage! Ici, c’est la terre de mon fils, je sens des énergies positives. Cette résidence artistique est formidable. Je peins avec mon instinct et je pense, et j’espère, que vous allez retrouver à travers mes toiles toutes les ondes positives que j’ai ressenties depuis que je suis ici. La série que je réalise à Casablanca, je la fait par amour.

Le plus de ta résidence artistique au Maroc : Ma rencontre avec l’artiste Abdellatif Lasri. Au départ, ce qui nous a liés a été le fait qu’il connaisse ma femme. Comme il l’apprécie et l’estime beaucoup, il s’est dit que je devais être aussi quelqu’un de bien ! Sur le plan artistique, on avait aussi des points communs, on dessinait tous les deux des figures et ses monochromes « façon Lasri » m’évoquaient ceux d’Yves Klein. A partir de là, on s’est mis à travailler ensemble. C’était comme si on se connaissait depuis toujours. Il m’a invité chez lui et je m’y suis senti comme à la maison ! Notre collaboration m’a beaucoup apporté. Lasri est un artiste à part entière. Il a un bon trait et l’applique avec instinct et simplicité. Vous savez, ce n’est pas si facile d’être simple mais c’est ce qu’il faut. Nous présentons trois toiles pour l’exposition Trippin’Morocco. J’espère que les occasions se multiplieront. On pourrait faire toute une expo ensemble !

Ta phrase culte : Beaucoup de citations m’accompagnent. Là, je dirais : Ne laisse pas faire aux autres ce que tu peux mieux faire.